mardi 11 juillet 2017

Quand les procureurs se fâchent....

La Conférence nationale des procureurs de la République  lance un nouveau cri d'alarme sur les conditions de travail des parquets de France dans "un livre noir" publié ce mardi 4 juillet 2017. On y retrouve les considérations habituelles sur les manques d'effectifs et de moyens matériels des parquets qui sont toujours sous tutelle du Garde des Sceaux et ce en infraction avec les préconisations de la Cour européenne des droits de l'homme. 
On apprend dans ce document que seules 1,3 million d'affaires sur  plus de 4,8 millions de procès-verbaux ont fait l'objet de poursuites. 
Lors de journées dédiées, les procureurs n'hésitent pas à faire du classement sans suite à la chaîne et un procureur explique sans sourciller que les victimes "ignorent les vraies raisons du classement. On clôture l’affaire en invoquant le manque de preuve alors qu’en réalité on n’a jamais mis les moyens nécessaires pour les chercher". 
Cette pratique illégale est parfaitement assumée puisque ce même magistrat poursuit :"Ce qui est contraire à l’esprit de la loi, c’est de classer sans avoir commencé à enquêter sur l’affaire faute de temps et de moyensOr c’est bien ce qu’on fait lorsqu’on apure le contentieux."
Par exemple, dans un commissariat d’une ville moyenne du Nord, 600 procédures judiciaires ont dû être classées pour prescription en mars 2016. Certaines d’entre elles laissées à l’abandon dans un placard portaient sur des faits criminels. Et en dépit de ce tri radical par le vide, le parquet concerné a, à la fin de l’année 2016, "encore classé sans suite 1500 procédures, moitié pour prescription, moitié pour insuffisance de l'enquête et donc de preuves". Des affaires d’agressions sexuelles ou de viols ont ainsi pu être classées, faute de disponibilité des enquêteurs judiciaires.
Fort heureusement, ce rapport nous rappelle en sa page 9 que le parquet "assume un rôle essentiel d'apaisement, mais aussi de restructuration sociale" et "apporte une garantie irremplaçable par le contrôle des enquêtes, la qualité juridique et la qualité des procédures"
Rapport à lire dans son intégralité en cliquant ICI

lundi 22 mai 2017

Danemark: le pays des enfants heureux

Depuis de nombreuses années, les danois s'estiment le peuple le plus heureux du monde. Dans ce pays scandinave, les valeurs du protestantisme, par exemple l'humilité, y sont encore prégnantes. C'est ainsi que les danois valorisent et encouragent l'effort, l'engagement et la persévérance des enfants ce qui leur permet de trouver en eux de quoi progresser. L'enfant aura alors la satisfaction d'être "le meilleur pour soi-même". Afin de développer leur imagination et leur capacité d'auto-contrôle, il est recommandé de laisser les enfants jouer au moins une heure par jour sans jouets connectés ou jeux de société. Le recadrage des situations difficiles vécues par l'enfant sous une perspective différente est complétement intégrée dans la culture danoise. Cela permet de tirer des conclusions positives des expériences vécues sans en ignorer les aspects négatifs. L'écoute et le respect, la recherche en commun de solutions aux conflits, le travail d'équipe entre enfants de niveaux différents font partie intégrante du cursus scolaire et ce dès la maternelle. Quant au parent danois, ils évitent le rapport de force avec l'enfant. Ainsi dissocier l'enfant de son comportement permet de comprendre les raisons de ses difficultés. En conclusion, la famille danoise reste l'élément central du bonheur des enfants en pratiquant le "hygge" qui consiste à prendre plaisir à être ensemble en laissant de côté conflits, mauvaise humeur et ego et privilégier les relations fortes et empathiques qui permettent de compter les uns sur les autres.

mardi 4 avril 2017

Décès de notre marraine Madame Evelyne Sullerot

C'est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de notre marraine Madame Evelyne Sullerot à l'âge de 92 ans. Créatrice du Planning familial, Mme Sullerot s'interrogeait dès 1992 dans un livre intitulé "Quels pères? Quels fils?" sur la crise de la paternité; constatant que "le père devenait un parent de second ordre sans vraie responsabilité éducative obligé de mutiler son amour paternel". Elle avait alors reçu des centaines de lettres de pères séparés de leur enfant. Mme Sullerot était venue donner une conférence lors de l'assemblée générale 2006 de notre mouvement national à l'occasion de la publication de son livre "Pilule sexe ADN". Ses propos, que nous avons repris dans nos supports de communication, nous accompagnent chaque jour: "SOS Papa va aider les pères à gérer leur responsabilité privée et aider l'État à gérer les aides et soutien aux familles, responsabilité publique de première importance. SOS Papa jouera de plus en plus le rôle constructif et fécond d'une association exemplaire revendiquant la responsabilité parentale dans l'intérêt de tous. Je serais heureuse et fière d'être à vos côtés dans cette nouvelle phase de votre vie associative. Ce sera un honneur pour moi de rester à vos côtés".

mardi 7 mars 2017

Journée de la femme 2007: mondialisation et émancipation


Le thème de la Journée internationale de la femme de ce mercredi 8 mars est: "les femmes dans un monde du travail en évolution: une planète 50-50 d'ici à 2030". Avec ce thème, l'Organisation des Nations Unies souhaite mettre en avant "les nouvelles opportunités de la révolution technologique et de la mondialisation" permettant une "autonomisation des femmes". Ce discours mondialiste souhaite inclure le féminisme dans le capitalisme sous sa forme la plus aboutie. Pourtant, Karl Marx nous a expliqué que la libération de la femme est en réalité la libération de la force de travail de la femme pour pouvoir être aliénée à la marchandise. Ce n'est donc pas une émancipation du sujet "feminin" mais une émancipation de la dictature de la marchandise qui vient aliéner la femme. Ainsi, selon Marx, l'émancipation et la libération des femmes par le travail sont des formes d'aliénation au capital. Force est de constater que ces réflexions sont toujours d'actualité dans la mondialisation mise en avant par les Nations-Unies. A contrario, Nancy Fraser, philosophe et enseignante à New-York, qui a travaillé sur les textes de Marx, étudie l'évolution du mouvement féministe dans le contexte de globalisation et souhaite "contribuer à changer et imaginer une nouvelle société"


mercredi 14 décembre 2016

Du coût sociétal de l'absence de père

Une étude du King’s College de Londres, menée pendant trente-cinq années sur un échantillon de 1000 néo-zélandais montre que les plus mauvais résultats des tests à trois ans définissent un groupe de population adulte qui allait mener une vie troublée. L’étude a été publiée dans la revue Nature Human Behavior : les scientifiques du King’s College de Londres ayant suivi plus de 1000 enfants avant l’école jusqu’à l’âge de 38 ans, pour savoir s’il était possible de prédire qui allait mener une vie troublée. A l’âge de trois ans, chacun a subi un test de 45 minutes, destiné à évaluer son intelligence, son expression orale et ses compétences motrices, mais également ses niveaux de tolérance, d’agitation, d’impulsivité, de frustration et même de handicap social.
Trente-cinq ans plus tard, les chercheurs peuvent attester qu’un cinquième du groupe était l’objet de 81% des condamnations pénales, de 75 % des prescriptions de médicaments, de 33 % des prestations sociales de plus de 50 % des nuits à l’hôpital  et de 40 % des obèses…
De fait, il s’avère que c’est ce même cinquième de l’échantillon qui avait obtenu, petit enfant, aux tests, les résultats les plus mauvais.
Ainsi, 20 % de la population est le chaînon le plus coûteux de la société, à tous points de vue, santé, social ou judiciaire. Parce que ce petit segment démarre avec "moins de points" dans la vie en quelque sorte.
Rena Subotnik, directrice du Centre de psychologie des écoles et de l’éducation de l’American Psychological Association, en est persuadée: "Ce sont tous des traits qui peuvent être contrôlés et améliorés, donc, les identifier chez les jeunes enfants est un cadeau, toute la société en bénéficierait."
Outre le fait que des questions philosophiques se posent lorsque l'on parle de contrôle ou d'amélioration des enfants, le seul dénominateur commun statistiquement significatif de cette étude est que 77% des "enfants à problèmes" ont grandi sans père.
Cette étude montre clairement que la seule présence d'un père près de son enfant dès le plus jeune âge préviendrait une vie troublée de celui-ci et par conséquent permettrait un saut qualitatif pour l'ensemble de la société.